in-8 demi veau marron, dos lisse orné de filets à froid et dorés en place des nerfs, roulette dorée en tête et en pied. XVI-308 pp. (Quelques minimes rousseurs). Edition originale du chef d'oeuvre de l'auteur et de l'éditeur Prosper Noubel. L'ouvrage contient une préface en français de Baze, avocat, quarante pièces dans le parler d'Agen, y compris la dédicace et cinq pièces qui ne sont pas de Jasmin. Le tirage fut de deux mille exemplaires sur papier ordinaire, plus quelques rarissimes tirés sur vélin. L'engouement pour les poètes ouvriers valut au coiffeur d'Agen d'être regardé comme un maître par les plus grands écrivains de l'époque. Il fit en 1842 un voyage triomphal à Paris et fut présenté au roi Louis-Philippe. L'Académie française le couronna et Sainte-Beuve lui consacra la Causerie du lundi du 7 juillet 1851. Honoré comme un précurseur par le félibrige naissant, il préféra cependant ses rasoirs, partageant sa vie entre son échoppe et ses tournées charitables. Exemplaire bien complet des 4 gravures hors texte signées de Montaut d'Oléron. Bon exemplaire dans une plaisante reliure de l'époque. Jacques Boé, dit Jasmin (en occitan Jacme Boèr dit Gensemin ou Jansemin), né le 6 mars 1798 à Agen et mort le 4 octobre 1864 dans la même ville, où il exerçait la profession de coiffeur, est un poète occitan, qui a donné une impulsion nouvelle à la langue d'oc (son oeuvre est rédigée en languedocien, dans le parler d'Agen). Après avoir un peu étudié chez un régent et au séminaire de la ville, il est mis en apprentissage chez un coiffeur. Son goût des histoires, ses talents de conteur y font merveille et il peut bientôt s'installer à son compte et se marier. Il devient célèbre avec sa romance La fidelitat agenesa composée à l'occasion du carnaval de 1822. Il continue avec Lo Charibari en 1825. En 1830, il est couronné par l'Académie d'Agen pour son ode Lou tres de may à l'occasion de l'inauguration de la statue d'Henri IV à Nérac, alors que l'académie n'avait jusqu'alors couronné que des ouvrages en français. Il se lance alors dans une carrière de lecteur public de ses poésies, d'abord dans la région, puis de plus en plus loin. En 1836, la récitation à Bordeaux de L'abuglo de Castèl-Cuilhèr lui assure une renommée nationale. À partir de 1840, ses tournées dans le Midi l'occupent à temps plein et deviennent des événements qui attirent les foules. Il aurait donné en tout plus de 12000 séances, distribuant les revenus à des oeuvres de bienfaisance.