In-8° relié cartonnage XIX°, VIII-316 pages. Coiffe supérieure émoussée sinon bel exemplaire. " La répudiation suppose le crime, et le divorce le prévient". le livre IV consacré au célibat traite du luxe et d'une certaine façon anticipe les descriptions balzaciennes ultérieures du mariage bourgeois bien calculé. On perçoit également une influence de Rousseau. Jacques Lescène des Maisons, né à Granville en 1750 et mort le 12 octobre 1808, est un écrivain et une personnalité politique de la Manche. Fils d'officier de marine désargenté, il est boursier au collège d'Harcourt à Paris. Il passe ensuite plusieurs années en Angleterre, chargé de l'éducation d'un jeune lord, visite l'Italie et suit plusieurs légations françaises dans le nord. Fixé à Paris peu de temps avant la Révolution, il s'en montre partisan et est chargé de plusieurs fonctions importantes. Président du district de Saint-Joseph, puis officier municipal parisien en 1789, il devient à la fin de l'année 1790 juge de paix du faubourg Montmartre, proposant la suppression du droit d'octroi et des barrières, que l'Assemblée constituante vote le 19 février 1791. En mai 1791, il est nommé par le Roi commissaire médiateur avec Verninac et l'abbé Mulot, envoyés dans le comtat Venaissin pour pacifier ce pays désolé par la guerre civile. Il montre dans cette délicate mission beaucoup de sagesse et de fermeté et il ne demande pas de faire condamner par les tribunaux les assassins de La Glacière. Obligé de se cacher pendant la Terreur, il reste longtemps sans emploi ; mais en 1804, il est nommé chef du secrétariat de la liste civile, par l'intendant H. de Fleurieu. À ce poste, qu'il occupe jusqu'à sa mort en 1808, il inventorie les diamants de la couronne. Dramaturge, il présente un opéra en cinq actes, L'Île des amis ou Le Retour du capitaine Cook, au théâtre de Monsieur les 30 novembre et 2 décembre 1790. Il écrit aussi des articles dans Le Moniteur sur la liberté de la presse, les hôpitaux et la condition du marc d'argent.