Arrest De La Cour Rendu Sur Les Remontrance & Conclusions De M. Le Procureur-GéNéRal Du Roi, Qui Fait TrèS Expresses DéFenses à Toutes Personnes, Autres Que Les Chirurgiens Et Sages-Femmes JuréEs D'exercer L'art Des Accouchemens [.] Sous Peine, Par Chaque Contravention, De Cent Livres D'amende, Applicable à La Bourse Commune Du CollèGe De Chirurgie 15 Juin 1779 Arrest Qui RéServe DéSormais Exclusivement Les Accouchements Aux Sages-Femmes (Et Aux Chirurgiens SollicitéS Lors De Complications)
In-4° broché, 4 pages. Le 22 décembre 1779, la première sage-femme exerçant à l'Hôtel-Dieu de Montmorency (Val-d'Oise) est nommée. Il s'agit d'Élisabeth Bourgeois, femme du sieur Baudrang, chirurgien de l'Hôtel-Dieu. Au xviiie siècle qui voit le développement des forceps, une division s'est faite entre la pratique chirurgicale (qui relevait, elle, du chirurgien), et celle des sages-femmes. L'essor de la science, associé peut-être à un certain mépris, voyait dans la pratique ancestrale et prétendument folklorique des sages-femmes un art moins efficace et moins sûr. C'est dans ce contexte que les médecins qui avaient jusque-là délaissé ce domaine aux matrones (à l'exception des accouchements des familles royales et princières dès le début du xviie siècle) se découvrent une vocation pour l'obstétrique. La lutte d'influence entre sages-femmes et médecins accoucheurs (tels Angélique du Coudray, première professeur de la discipline des sages-femmes et François Mauriceau) aboutit en 1750 à l'intervention de l'État qui ordonne que les sages-femmes aient une formation théorique et pratique de 2 ans avec une maîtresse sage-femme, un jury de deux maîtres chirurgiens validant leurs connaissances.