Anaïs Ségalas, née Anne Caroline Menard le 24 septembre 1811 à Paris et morte le 31 août 1893 dans cette même ville, est une dramaturge, poétesse et romancière française. Née Anne Menard, elle est la fille de : Charles Antoine Jean Menard, d'origine champenoise, né vers 1760, homme assez excentrique pour l'époque végétarien, militant de la cause animale, misanthrope , drapier, marchand de toiles et rouenneries vers le carreau du Temple et d'Anne Bonne-Portier, créole de Saint-Domingue née en 1774. Son père décéda alors qu'elle n'avait qu'onze et demi. À cette époque, elle continua d'habiter avec sa mère au 13 rue de Crussol, près des théâtres des boulevards. Elles avaient pour voisin au 11 de la même rue, Victor Ségalas, alors avocat à la cour royale de Paris, qu'elle épousa le 17 janvier 1827 à Paris, devenant Anaïs Ségalas. Elle pose comme condition préalable de son mariage son droit à développer son oeuvre littéraire, sans autorisation maritale. Ses premiers poèmes parurent la même année dans Le Cabinet de lecture et Le Journal des jeunes personnes. En 1829, La Psyché publia ses premiers essais. Le 3 février 1831 paraît dans La Gazette littéraire, « Les Algériennes », sorte d'épopée lyrique sur les campagnes françaises en Afrique du Nord, qui apporte la célébrité à Anaïs Ségalas. Instruite par sa mère de ce qu'est l'esclavage, elle y écrit son émotion, tout en restant dans les limites du politiquement correct de l'époque : à travers la description des souffrances des esclaves et captives, s'y exprime son opposition et son aversion à la colonisation. Plus tard, elle allait renier être l'autrice de cet ouvrage, avant de le reconnaître à nouveau. Dès lors, les journaux ouvrirent à l'envie leurs colonnes à ses productions. De 1828 à 1837, elle inséra un grand nombre de pièces et quelques nouvelles dans divers périodiques, entre autres Le Constitutionnel, la Gazette de France, La Chronique de Paris, Le Commerce, L'Estafette, Le Cabinet de lecture, La France littéraire, le Journal des Demoiselles, pièces qui, réunies à quelques morceaux nouveaux, forment le volume de poésies, intitulé Les Oiseaux de passage, qu'elle publia en 1837 chez l'éditeur Moutardier. Anaïs Ségalas s'engagea dans les mouvements féministes et utilisa sa plume pour décrire la condition des femmes au XIXe siècle. Catholique fervente, elle encensa les qualités féminines, avec parfois un certain mysticisme, et encouragea les femmes à utiliser leur rôle de mère et d'épouse pour l'édification et l'amélioration de la société. Selon elle, la littérature devait avoir une visée morale et didactique, afin de dénoncer toutes les formes d'oppression et d'injustice. Le journal intime tenu par sa fille Bertile rapporte les difficultés que connut sa famille durant la période qui va de juillet 1870 à juin 1871 vécue à Paris. Le mois de mai 1885 resta dans l'histoire d'Anaïs Ségalas comme celui de la publication d'une de ses oeuvres maîtresses : Récits des Antilles, texte en prose accompagné d'un récit, « Le Bois de la Soufrière » et un choix de poèmes. Cette publication, rééditée plusieurs fois, servit de témoignage aux enseignants souhaitant faire connaître des textes sur le colonialisme. Le choix des poèmes montre l'ambiguïté dans laquelle se trouve Anaïs Ségalas, à la fois citoyenne française et enfant de créole. Elle fait preuve de beaucoup de pessimisme pour le devenir de l'égalité entre Blancs et Noirs.