In-quarto broché sous couverture de papier ancien, 20 pages. Exemplaire en état parfait - PERFECT COPY LIKE NEW - Barthélémy CORDERANT, secrétaire du district de Versailles pendant les premières années de la Révolution a signé de sa griffe ou de sa main, la dernière page du document. 18 pages répertoriant "Subsistance de Boisseau de la Gadernerie à Vareille de la Bregeonnière. La thèse de Ernest Martin, publiée en 1936, est restée jusqu'à présent la référence sur l'étape acadienne en France. Comme Lauvrière, l'objectif de l'auteur est, au-delà de la narration de l'odyssée des exilés acadiens, de réagir aux accusations portées alors par une partie de l'opinion canadienne contre l'administration de Louis XV. Cette problématique forme la trame de son ouvrage. Martin s'interroge explicitement sur les motifs du départ des Acadiens en 1785 et blâme en partie les réfugiés : sous sa plume, les Acadiens se transforment progressivement au cours de leur séjour en France en « enfants gâtés » qui refusent les offres qu'on leur propose et abusent des fonds publics. L'auteur propose également une série de motifs concrets pour expliquer l'échec des établissements, notamment la faible qualité des terres françaises disponibles, comparées à celles de l'ancienne Acadie, les redevances seigneuriales élevées ou encore le maquis juridique concernant la propriété privée, rendant tout établissement extrêmement compliqué. Toutefois la clé interprétative ultime repose dans l'introduction par Martin d'une certaine incompatibilité culturelle : « Moins encore qu'à la dure besogne des défrichements, les Acadiens n'étaient préparés à partager la condition politique et sociale des paysans français, à la fin de l'Ancien Régime. Ils apportaient, de leur vie antérieure, en Acadie anglaise ou française, des habitudes d'indépendance qui ne pouvaient cadrer avec l'état qu'on leur préparait, malgré toutes sortes d'exemptions et de privilèges ». Mais, pour Martin, insister sur l'incompatibilité culturelle des Acadiens, c'est aussi une façon de dédouaner l'État de sa responsabilité dans le départ de 1785. Il estime donc, comme Lauvrière, que le gouvernement a oeuvré pour aider et retenir les Acadiens, mais que ces derniers ont finalement manqué de volonté de s'insérer dans la société française.