Grand in-8° relié pleine toile moderne, 289 pages. Très belle iconographie in et hors-texte. Un ouvrage capital sur l'histoire de l'anesthésie. Karl Sudhoff (1853-1938) découvre des recettes d'éponges somnifères contenant un mélange d'opium - laitue - ciguë - hyoscyamine - jus de mûre - mandragore et lierre dans le Monte Cassino codex. Guy de Chauliac (1298-1368) rapporte l'usage d'opium et d'éponges somnifères pour soulager la douleur chirurgicale mais risques d'asphyxie - de congestion et de décès. Suc de pavot, chanvre, mandragore, éponges somnifères ou encore potion opiacée : ces divers élixirs soporifiques, plus ou moins efficaces, ont servi à apaiser la douleur jusqu'au milieu du xixe siècle. Ils étaient absorbés par ingestion d'une décoction ou par inhalation de la fumée qu'ils dégagent en brûlant. En effet, depuis des milliers d'années, arracheurs de dents, barbiers et chirurgiens soignent à grands coups de lames et de pinces le corps humain. À vif ! Pour atténuer le supplice, une seule solution : travailler à toute vitesse, certains réussissant même des amputations en quelques dizaines de secondes ! Au xvie siècle, le grand chirurgien Ambroise Paré préconise un cocktail d'opium et d'alcool à haute dose et recoud les plaies au lieu de les cautériser par une atroce brûlure au fer rouge. Pendant la retraite de Russie, Dominique Larrey, le chirurgien de Napoléon constate que le grand froid atténue la douleur des opérés et l'on gardera longtemps le procédé pour amputer des membres gangrenés.