In-4, VII-(1)-207-(5) pages. Plein maroquin prune de l'époque signé Maylander, d'après un décor de J. Chadel, dos, plats et contreplats ornés d'un décor géométrique de filets dorés et à froid, tranche dorée, chemise, étui. Superbe exemplaire, un des 30 sur papier Japon, enrichi d'une gouache de Louis Jou. A également été reliée, à la fin, la maquette pour le décor de la reliure. Ex libris L. Givaudan doré sur le premier contreplat (Léon Givaudan, né le 12 janvier 1875 à Caluire-et-Cuire et mort le 25 mars 1936 à Paris, est le cofondateur de la société Givaudan et des établissements Givaudan-Lavirotte à Lyon avec son frère Xavier Givaudan . Illustré de 70 pointes sèches originales et 58 bois en trois tons gravés par Louis JOU. - - - - - - - Luis Felipe-Vicente Jou i Senabre, dit Louis Jou, est un peintre, graveur et typographe espagnol, né à Gracia (aujourd'hui intégré à Barcelone) le 29 mai 1881, émigré en France, mort le 3 janvier 1968. Il devient peintre en lettres à l'âge de 16 ans. En 1906, Louis Jou part pour la France et rejoint son ami organiste Joseph Civil. Il y côtoie Guillaume Apollinaire et Francis Carco. En 1908, il rencontre François Bernouard, poète, imprimeur et éditeur avec qui il crée la Belle Édition où s'affirme son talent de typographe, de graveur et de compositeur de beaux textes. Il fréquente André Derain, Pablo Picasso et obtient des commandes dans la revue de luxe de Jean Cocteau «Schéhérazade». En 1909 et 1910, il publie des dessins dans L'Assiette au beurre, puis dans Le Témoin, Le Courrier français, Le Frou-frou (1911-1912). En 1921, sa rencontre avec l'écrivain André Suarès donne naissance à l'amitié de toute une vie. Suarès qualifie Jou d'« architecte du livre ». Il réalise son rêve et rapporte d'Espagne ses propres caractères typographiques. Il livre ensuite plusieurs gravures à la revue d'art Byblis (1926, 1930). En 1939, il quitte Paris et se réfugie aux Baux de Provence, où il restaure la maison acquise en 1921, le splendide hôtel Renaissance Jean de Brion. Il compose, seul dans son atelier, face à sa demeure, ses plus belles oeuvres intitulées Les livres de Louis Jou : Les 24 sonnets de Louise Labbé, Adolphe de Benjamin Constant, La Danse macabre, Les Bucoliques baussenques, Le Cantique des cantiques et Oraisons funèbres prononcées par Messire Jacques Benigne Bossuet. Parmi les plus grands typographes du siècle, la place de Louis Jou est exceptionnelle. Il est le seul parmi ses pairs à avoir conçu et réalisé un ouvrage entièrement par lui-même. Xylographe, graveur sur métal, Jou dessine et fond ses propres caractères. En remontant jusqu'au xve siècle à la recherche d'un salutaire renouveau de la typographie, il a, d'instinct, rejoint la démarche intellectuelle de chercheurs qui, en Europe, dans la seconde moitié du siècle dernier, avaient ressenti la nécessité d'une réaction devant le machinisme naissant et les excès de tous ordres dans la conception du livre. Ayant concilié la rigueur nordique et l'âpreté espagnole, il n'en reste pas moins que la forte personnalité de Jou - qui ne fut le disciple de personne - le libère de toute influence et lui permet d'imposer à son tour une oeuvre originale, aussi bien dans l'art typographique que dans ses créations picturales. Ce catalan naturalisé Français en 1927 fut un créateur de livres dont l'influence, au terme d'une carrière exemplaire de plus d'un demi-siècle, a été l'une des plus déterminantes dans l'évolution du livre contemporain.