Grand et fort in-octavo demi-chagrin de l'époque bleu aux coins, titre gravé, dos à cinq nerfs. Plats de couverture conservés, 266 pages. Comme son illustre prédécesseur en écrits délirants, Berbiguier de Terre-Neuve du Thym [soigné par Pinel], Studer avait fait imprimer cinq exemplaires spéciaux, tous nominatifs sur papier couché destinés à quatre altesses royales et au président de la République Française. Celui-ci est un exemplaire ordinaire, mais néanmoins très rare. L'auteur, fou littéraire avéré est inconnu à Blavier. L'auteur se propose donc dans cet ouvrage, non pas comme les espérantistes de créer une langue internationale, mais de doter toutes les langues naturelles d'une orthographe internationale homogénéisée selon la prononciation [ce qui en fait un lointain devancier de Louis Wolfson dans le schizo et les langues]. Dans sa préface il parle longuement de l'un de ses essais, paru aux États-Unis en 1884 et qui aurait connu un succès international. Nous n'en avons trouvé aucune trace et sommes portés à penser que toute la liste des écrits qu'il s'attribue est largement fictive. Ne cherchant pas à supplanter les langues, mais simplement a en simplifier l'écriture, il s'agira pour donner un exemple simple de chercher les premiers mots prononcés par les bébés (car il a une approche phylogénétique !), ainsi « père », « mère » et d'écrire désormais avec le « é » de ces deux mots, « faire », « paître », « neige » au lieu d'utiliser les sons « ai », « aî », « ei » etc. La démonstration se double de considérations linguistiques i tendent à prouver que le celte et non le sanskrit est la langue mère de indo-européen, puis à un examen de tous les groupes linguistiques de la terre. La partie la plus folle et la plus belle sont des morceaux de prose classique, telles des fables de La Fontaine transformée en « orthographe internationale » ; Car l'auteur utilise également l'orthographe pour résoudre des problèmes d'intercompréhension, concernant les indexicaux non nominatifs : « celui-ci », « celle-là » ou des problèmes d'homonymies ou de synonymies auxquels son système met fin. Précieux exemplaire ayant appartenu à K. Neuman (il marque son nom sur la page de titre suivi de la date d'achat, le 26 mars 1902) puis à Henri Ey (cachet gras de sa bibliothèque sur la page de garde)