In-18 (124 x 80 mm) de XXXV, 243 pp., 4 planches gravées (3 d'après Moreau le jeune, la dernière d'après Vernet). Maroquin rouge à long grain, roulette décorative d'encadrement, dos à nerfs, caissons ornés sur fond criblé, roulette intérieure, tranches dorées (Rel. P. Bozérian Jeune). En français dans le texte, 183 ; Brunet, V, 57 ; Cohen-de Ricci, 931 (mentionne un l'exemplaire de Richard Lion, relié en maroquin rouge par Bozérian) ; Ray, 54. Première édition séparée de Paul et Virginie, détachée de la troisième édition des Études de la nature (1788). Brunet la qualifie comme "la plus jolie". Exemplaire tiré sur papier fin écu d'Essonne avec les planches gravées par Girardet, Halbou et de Longueil d'après Moreau le jeune et Horace Vernet présentes à l'état définitif. On remarque notamment le seconde planche (p.34) qui montre Paul et Virginie demandant le la libération d'un esclave à son maître. "[Paul et Virginie] fut le dernier triomphe de la littérature romanesque au XVIIIe siècle, déchaînant un enthousiasme qui n'a guère faibli au siècle suivant" (J. Quentin, in : En français dans le texte). "This charming book has its place in literary collection as the first separate edition of Bernard de Saint-Pierre's famous romance" (Ray). Avec Paul et Virginie Bernardin de Saint-Pierre conte une idylle pastorale. Cest grâce à la nature intacte et sauvage dans laquelle ils ont grandi que Paul et Virginie deviennent beaux, bons et vertueux. Toutefois, leur amour est contrarié par un drame tragique, la mort de Virginie lors dun naufrage. Ce sentiment de la grandeur de la nature toute puissante répond à lesthétique sublime développée par Edmund Burke quelques années plus tôt en 1757 (Recherche philosophique sur l'origine de nos idées du sublime et du beau). Toutefois, en axant son drame sur lamour et les sentiments, Bernardin de Saint Pierre introduit ce qui devient quelques années plus tard des leitmotive romantiques. La perte de lâme sur dans des conditions tragiques et théâtrales, limpuissance des héros face aux évènements, les tourments de lâme, la beauté trouvée dans la douleur sont autant de motifs que lon retrouve chez les écrivains et les peintres romantiques. Chateaubriand, nest pas étranger à ses thèmes quil développe notamment dans Atala . Très bel exemplaire, bien conservé dans sa magnifique reliure de Bozérian