4 ff. manuscrits in-4 (26.5 x 21 cm), repliés en deux, écrits au recto (soit 4 pp.), d'une belle écriture très bien lisible et 3 ff. tapuscrits in-4 (28.5 x 22.5 cm), repliés en deux, avec texte recto et verso (soit un peu plus de 5 pages), bon état. Cet échange de correspondance est consacré aux concours et aux programmes des grandes écoles. Bauer expose le problème des concours, notamment celui d'entrée, qui sont une "nécessité naturelle" mais "dans l'état actuel de nos moeurs, leur importance paraît tout à fait hors de proportion avec leur utilité : c'est par les concours que se forment chez nous les diverses castes intellectuelles qui dominent le pays et tendent de plus en plus à se fermer sur elles-mêmes : normaliens, polytechniciens, centraux, agrégés, etc." Bauer préconise une réforme des moeurs et un concours unique pour toutes les écoles analogues l'X, les Mines, les Ponts… Il estime aussi que la discipline scolaire avec des programmes à apprendre dans des livres, des cours, a une influence néfaste sur le développement de la recherches scientifique. Il cite l’exemple d'un ami de sa famille, bardé de diplômes et "parfait imbécile" et celui de Pierre Curie qui ne passa pas de concours. Bauer pose le problème du caractère disproportionné du nombre des candidats à l'X par rapport à celui des Facultés et celui du nombre de candidatures pour un même individu. Friedel lui répond en exposant plusieurs points de désaccord, par exemple sur la question des castes. Edmond Bauer (1880-1963) fut le collaborateur de Paul Langevin et de Marie Curie, avant de diriger le laboratoire de physique générale au Collège de France, puis celui de chimie physique à la Sorbonne (succédant à Jean Perrin). Edmond Friedel (1895-1972), géologue, fut cofondateur du Bureau de recherches géologiques et géophysiques (BRGG) et le directeur de l'École des mines de Paris.