In-8 de (1) feuillet de titre, 61 bi-folio, (1) feuillet de titre, (1) feuillet blanc, puis 62-207 bi-folio (le numéro 206 ne comptant qu'un seul feuillet) soit 415 feuillets ; demi-chagrin vers de l'époque. Passionnant manuscrit de chimie, de minéralogie et de docimasie d'un cours à l'Ecole des mines jamais paru donné par Jacques-Joseph Ebelmen l'année de son décés prématuré en 1852. Ebelmen fut alors remplacé par Louis-Edouard Rivot. L'élève-scripteur de ce double cours qui couvre deux années d'enseignement est Ernest Huyot (signature au dos, dont le E est mal frappé et ressemble à un "F" et signature répétée au premier bi-folio 19). Ernest-Jean-Étienne Huyot entra à l'Ecole polytechnique en 1849. Il finit premier l'Ecole des mines en 1853. Par la suite, il organisa l'exploitation des mines de houille, des mines de fer et des établissements métallurgiques de la Société autrichienne des chemins de fer de l'État dans le Banat de Hongrie. Rentré en France en 1859, il rejoint la Compagnie des chemins de fer du Midi dont il fut nommé directeur en 1872. Poste qu'il occupa jusqu'à sa mort en 1883, à seulement 52 ans. Jacques-Joseph Ebelmen est un génie précoce de la chimie des minéraux, de la docimasie (analyse quantitative permettant de connaître la nature et les proportions des métaux utiles contenus dans les mélanges naturels ou artificiels) et de la métallurgie. Mort à seulement 38 ans ("le mercredi 31 mars 1852", comme le note Huyot au second bi-flio 61 de son manuscrit), il n'eut pas le temps de publier un synthèse de ses travaux, ainsi la transcription de son ultime cours de docimaie donné à l'Ecole des mines constitue un témoignage rare de sa pensé et de son enseignement. En outre de ses apports essentiels en tant que directeur de la manufacture de Sèvres à partir 1847 et professeur à l'école des mines à partir de 1845, on lui doit une des toutes premières formulations de l'idée que les variations du CO2 atmosphérique peuvent induire des modifications de température à la surface de la Terre. La seconde partie du cours fut donné par Louis-Edouard Rivot, qui était l'adjoint d'Ebelmen à l'école des Mines. Le manuscrit est rédigé d'une fine écriture souvent assez difficile à lire. Il est illustré d'une petite centaine de schémas ou dessins dans le texte et en marge, principalement dans la première partie (environ les deux tiers des illustrations). Une première partie du manuscrit, plus courte, concerne des techniques générales de chimie docimasique et une seconde traite de l'analyse détaillée de dizaines de minéraux et substances chimiques en particulier. Un manuscrit important donnant à découvrir l'enseignement, jamais publié, d'un brillant chimiste de la première moitié du XIXe siècle transcris par l'un des meilleurs élèves de l'Ecole des Mines de sa promotion.