In-folio cartonnage de l'époque, pièce de titre manuscrite. Le dos et les gardes de la reliure sont fanées mais l'ouvrage à belle allure. Il est difficile de rencontrer des ensembles de cette publications ultraïste. Le Drapeau Blanc est un journal ultra-conservateur favorable aux légitimistes, fondé par le publiciste et écrivain de théâtre Alphonse de Martainville [1776-1830] et quelques hommes de lettres en juin 1819. Le journal paraît tout d'abord comme périodique in-octavo à publication irrégulière, pour échapper à la censure ; puis, après les lois de 1819 sur la presse, comme journal quotidien in-folio paraissant jusqu'en février 1827. Henri de Bonald [1754-1840], membre de l'Académie française [1816] ; l'historien Achille de Jouffroy [1785-1859] ; Charles Nodier [1789-1844] alors journaliste au Journal des Débats ; l'abbé Félicité de Lamennais [1782-1854] sont également des collaborateurs du journal. - - - Martainville est d'abord élève au collège Louis-le-Grand. Il n'a pas encore dix-huit ans lorsqu'il parait devant Fouquier-Tinville sous l'accusation d'aristocratie. Fervent royaliste, il est, sous le Directoire, de la jeunesse dorée active lors de la réaction thermidorienne et encensée par le parti réactionnaire. En 1802, il fait partie de la goguette les Déjeuners des garçons de bonne humeur, au côté de dix autres chansonniers : Dumaniant, Désaugiers, Étienne, Francis, Gosse, Ligier, Morel, Serviere, Sewrin, et trois musiciens : Plantade, Persuis et Piccini fils. Sous l'Empire, il ne s'occupe que de théâtre. Et aussi de chanson : au côté de Carmouche, Frédéric de Courcy, Armand d'Artois, Dusaulchoy de Bergemont et Monperlier, il participe à la goguette des Soupers de Momus, fondée par Pierre-Joseph Charrin en 1813. En 1814-1815, il commence une activité politique. Partisan inconditionnel de la royauté, rédacteur du Journal de Paris, de la Quotidienne, de la Gazette de France, il ne trouve pas ces journaux assez hardis et fonde en 1818 le Drapeau blanc (2 vol. in-8°). Dans cette publication il attaque non seulement les ennemis de la monarchie, mais encore les monarchistes et même les ministres trop tièdes à son gré. Traduit plusieurs fois en justice par le ministère public, abandonné par ses lecteurs, il cesse la publication de son journal et se retire des luttes de la politique. Ses écrits joignent, à l'extrémisme de ses opinions, la verve et l'esprit. Ces traits se retrouvent, unis à une vive gaieté, dans les pièces qu'il donne sur divers théâtres, et qui sont presque toutes des vaudevilles. On cite les Suspects et les Fédéralistes (1795) ; le Concert de la rue Feydeau (1795) ; la Nouvelle Montagne, ou Robespierre en plusieurs volumes (1796) ; les Assemblées primaires, ou les Élections (1797) ; la Banqueroute du savetier à propos de bottes (1801) ; Pataquès (1803) ; le Pied de mouton, mélodrame-féerie comique, avec Ribié (1807), pièce souvent reprise avec des décors nouveaux et des rajeunissements de rédaction ; la Queue du diable, mélodrame-féerie comique (1808) ; Monsieur Crédule (1812) ; Buonaparte, ou l'Abus de l'abdication, pièce héroïco-romantico-bouffonne (1815) ; Taconnet (1816). On doit également encore à Martainville : Grivoisiana, ou Recueil facétieux (1801, in-18) ; Vie de Lamoignon-Malesherbes (1802, in-12) ; la Bombe royaliste lancée (1820, in-8°) ; Étrennes aux censeurs (1822, in-8°). Il a fait, avec Étienne, l'Histoire du Théâtre-Français, depuis le commencement de la révolution jusqu'à la réunion générale (Paris, 1803, 4 vol. in-12).