Le baron Charles Dupin, né le 6 octobre 1784 à Varzy (Nièvre) et mort le 18 janvier 1873 à Paris, est un mathématicien, ingénieur, économiste et homme politique français. Il sort de Polytechnique en 1803 comme ingénieur naval du corps du génie maritime et devient élève de l'École du génie maritime. La guerre entre la France et le Royaume-Uni, après la rupture de la paix d'Amiens, l'appelle ensuite à une grande activité : il concourt aux travaux de la grande flottille de la Manche, à la création du vaste arsenal d'Anvers, où il dirige quatre cents ouvriers militaires, aux travaux de Gênes et à ceux des forts de Hollande. Dans le même temps, il poursuit ses recherches mathématiques, notamment dans le domaine de la géométrie différentielle, et crée la théorie de la courbure des surfaces (théorème de Dupin, les notions d'indicatrice (de) et de tangentes conjuguées, et applique ces découvertes à la construction des vaisseaux de guerre et à la conception des fortifications. Appelé à Toulon pour concourir au relèvement de la marine française après la bataille de Trafalgar, il est envoyé à Corfou auprès de l'amiral Ganteaume, nommé commandant des flottes de la Méditerranée, à bord de la première escadre qui part de France à destination des îles Ioniennes. Dès son arrivée, il parvient à réparer en cinq jours le vaisseau amiral, qui avait perdu des mâts supérieurs dans une violente tempête, tandis que les basses vergues étaient brisées. Cette célérité permet à l'escadre française de cingler rapidement vers Toulon, échappant aux Anglais. À sa demande, Dupin reste à Corfou où il prend la responsabilité de l'arsenal et séjourne de 1808 à 1811. Il participe à la fondation de l'Académie ionienne (1808) et en devient le secrétaire pour la langue française. Il y prononce des discours remarqués sur l'instruction publique et sur la rénovation du peuple grec, se fait le promoteur de la langue grecque, provoque l'ouverture de cours publics et gratuits professés par les membres de l'Académie ; il se charge lui-même de la chaire de mécanique et de physique. Il fait découvrir au jeune Giovanni Carandino, qui deviendra doyen de mathématiques de l'Académie, les mathématiques modernes et l'esprit de l'école d'analyse française. Ce dernier traduira les ouvrages fondamentaux de cette école, et sera le formateur de toute une jeune génération d'analystes grecs. On peut donc voir en Dupin celui qui a apporté les mathématiques modernes en Grèce. Il rentre en France en 1811 par l'Italie. Sur le chemin du retour, une fièvre épidémique le retient pendant quinze mois. Il occupe sa convalescence à rédiger de nombreux mémoires de géométrie qu'il dédie à Monge et qu'il présente à l'Institut de France. En 1813, il établit le musée maritime de Toulon, qui sert de modèle à de nombreuses institutions similaires, et fait restaurer les sculptures navales de Pierre Puget.