In-octavo carton fort. Giocchino Starace (1859 - 1950), dit Gino Starace, fut le célèbre illustrateur de la collection du « Livre Populaire » des éditions Arthème Fayard, il en fit un nombre impressionnant de couvertures, choisissant très souvent une scène majeure, violente, étrange, émouvante, du roman, ou bien un portrait saisi dans un sentiment de colère, d'effarement, de terreur. Starace, dit-on, lisait souvent les textes pour choisir la scène qu'il allait composer. Natif de Naples, ce dessinateur italien a dominé presque un demi-siècle de littérature populaire française, grâce à une technique classique irréprochable au service des débordements du genre. Dans Lisibilité, emphase, narrativité (in Tapis Franc n°1, 1988), Daniel Couégnas montre que Starace perçut « la nécessité vitale qui commandait que l'illustration de couverture, cette affiche publicitaire en réduction fût saisie instantanément, appréhendée, déchiffrée de manière univoque par le regard afin de provoquer désir ou curiosité, conditions nécessaires d'une lecture ultérieure du roman ». Il précise que « la force de Starace, c'est sa capacité de synthétiser en une scène les stéréotypes qui renvoient immédiatement le lecteur moyen, médiocrement instruit, à un déjà-lu, ou un déjà-vu, tant historique que dramatique ou psychologique. » Son classicisme marié aux excès mélodramatiques, le choix de couleurs vives, la dynamique du mouvement et l'emphase constituent sa griffe qui culmine avec la folie surréaliste de la série à 65 centimes des Fantômas de Pierre Souvestre et Marcel Allain. Relevons aussi de grands textes de Gaston Leroux (Chéri-Bibi), les Pardaillan de Michel Zévaco, la saga de Rocambole de Ponson du Terrail, Naz-en-l'Air de Souvestre et Allain. (