Manuscrit - - - - Livre D'eglise Latin-FrançOis, Suivant Le Breviaire Et Missel De Paris, : Contenant L'office Du Matin Pour Les Dimanches & Les FêTes De L'annéE [Convulsionnaires] JanséNisme
1- Livre d'Eglise latin-françois, suivant le breviaire et missel de Paris, : contenant l'office du matin pour les dimanches & les fêtes de l'année (1764), 14 pages - - - - Relié avec un manuscrit autographe "Discours de Soeur Colombe, 196 pages (daté du 13 avril 1746) Les parlements, et notamment celui de Paris, sont en rébellion constante contre le pouvoir monarchique pendant le xviiie siècle. L'action en faveur du jansénisme et des appelants prend donc toute sa place dans leurs luttes. D'ailleurs, l'arme des jansénistes pour contester à la fois le roi et le pape est une arme juridique : l'« appel comme d'abus ». Il s'agit de protester contre une injustice, de dénier au pape ou à un évêque le droit d'exercer son autorité sur un point précis. Les appelants portent leurs revendications devant le Parlement, organe de justice où les magistrats jansénisants déploient alors leur art oratoire et un arsenal juridique important pour mêler la question janséniste à la défense de l'indépendance des parlements et s'accorder le soutien des parlementaires gallicans et réfractaires au pouvoir royal. Cependant « le plus souvent, les magistrats jansénistes ont soigneusement évité toute référence aux convictions religieuses, conscients qu'un discours théologique aurait été inadmissible dans une assemblée de juges ». Le jansénisme est donc facilement confondu avec les luttes parlementaires incessantes du xviiie siècle, tandis que son aspect théologique s'estompe. Sur le plan quantitatif, le poids des jansénistes est modeste. Pour Paris, il s'agit d'environ un quart des magistrats dans les années 1730, ainsi qu'un groupe d'avocats suffisamment influents pour provoquer deux grèves générales de leur ordre en 1732 dans le but de soutenir le Parlementc . Parmi ces avocats influents, on peut distinguer Louis Adrien Le Paige. Bailli du Temple, il dispose du droit d'asile et est ainsi une des plaques tournantes les plus importantes du réseau janséniste et profite de sa situation pour abriter de nombreux libelles interdits. Il protège également la caisse de financement des jansénistes, la fameuse boîte à Perrette, objet de curiosité et de nombreux fantasmes chez les anti-jansénistes. Un autre de ces avocats est Gabriel-Nicolas Maultrot. Il est surnommé l'« avocat du deuxième ordre » en raison des nombreux prêtres appelants qu'il défend. Le plus important des conflits impliquant les parlementaires et le jansénisme est l'affaire des « billets de confession ». En 1746, l'archevêque de Paris Christophe de Beaumont décide que les fidèles doivent pouvoir justifier d'un billet de confession signé d'un prêtre favorable à la bulle Unigenitus pour pouvoir recevoir les derniers sacrements. Cette mesure rencontre une très importante opposition, et de nombreuses procédures ont lieu, qui sont cassées par le Conseil du roi. En 1749, une importante manifestation a lieu à l'occasion de l'enterrement d'un principal de collège janséniste qui est mort sans confession. Parmi les quatre mille personnes qui composent le cortège, on trouve de nombreux parlementaires La seconde moitié du xviiie siècle est marquée sur le plan religieux par l'expulsion des jésuites en 1764, qui réconcilie un temps jansénistes et pouvoir royal. Mais la fronde des magistrats gagnés au jansénisme face à la politique du chancelier Maupeou et du Triumvirat débouche sur l'exil du Parlement. Ses membres les plus radicaux rejoignent ce qu'on appelle le « parti patriote », fer de lance de la contestation pré-révolutionnaire. La synthèse de leurs combats et de leurs revendications, dans leur dialogue avec les thèses rousseauistes, devait à la faveur des événements de 1789, donner corps aux prémices idéologiques de la Révolution française.
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