Grand in-8° relié pleine toile verte moderne, pièce de titre de chagrin chamois gravée. Les plats de couvertures sont conservés. (original wrappers), 130 pages. Envoi autographe de Jules Soury à Paul Bert au coin supérieur droit du premier plat de couverture. magnifique exemplaire en parfait état de conservation. Quelques rares piqûres éparses dans le texte. Jules Soury (28 mai 1842-10 août 1915) est un théoricien et historien de la neuropsychologie, professeur à l'École pratique des hautes études. Il est connu pour ses idées et son engagement antisémites. Licencié ès lettres à la Sorbonne en octobre 1863, il suit ensuite une formation à l'École des chartes où il a pour professeur Jules Quicherat. Parallèlement il étudie la neurologie à la Salpêtrière à partir de 1865 sous la conduite de Jules Bernard Luys et de Auguste Félix Voisin. Étant l'ami de Paul Bert qui avait créé le 30 novembre 1881 une chaire d'Histoire des doctrines psychologiques à l'École pratique des hautes études, il se voit attribuer cette place qui était aussi convoitée par Théodule Ribot. Dans les années 1890, les leçons de Soury attirent des personnalités comme Clemenceau, Anatole France, Marcel Sembat et Maurice Barrès. En 1899, l'Académie des sciences et l'Académie de médecine couronnent son ouvrage Le système nerveux central, structures et fonctions, histoire critique des théories et des doctrines. Il était admirateur d'Ernest Renan et exerça une influence forte sur Maurice Barrès, qui suivit ses cours de 1893 à 1897. Il forgea une pensée nationaliste, mettant l'accent sur la continuité des traditions en s'appuyant sur la science et une supposée « hérédité psychologique ». Décrit comme une personnalité pathologique par Léon Daudet, il exprimer des idées d'un antisémitisme virulent. Soury fut un des principaux théoriciens de la campagne nationaliste antisémite pendant l'Affaire Dreyfus. Il traduisit en français plusieurs ouvrages de Ernst Haeckel. Il eut pour élèves Pierre Janet et Georges Dumas. - - - Paul Bert, né le 19 octobre 1833 à Auxerre et mort le 11 novembre 1886 à Hanoï, est un médecin, physiologiste et homme politique français. Élève et successeur de Claude Bernard au Collège de France, suppléant de Pierre Flourens au Muséum national d'histoire naturelle, il étudie la physiologie de la respiration (en altitude et en plongée) et s'intéresse à la greffe et à l'anesthésie. Élu député radical dès 1872, il est ministre de l'Instruction publique et des cultes de 1881 à 1882. Anticlérical et partisan de la laïcité, il est l'un des fondateurs de l'« école gratuite, laïque et obligatoire ».Issu d'un milieu janséniste, il entre à l'École polytechnique (dont il ne sera pas diplômé) avec l'intention de devenir un ingénieur. Il étudie ensuite la loi, obtenant un doctorat en droit en 1857 ; et finalement sous l'influence du zoologiste, Louis Pierre Gratiolet (1815-1865), il s'intéresse à la physiologie, devenant l'un des plus brillants élèves de Claude Bernard. Docteur en médecine en 1864 (thèse sur les greffes animales), docteur ès sciences en 1866, professeur de physiologie à Bordeaux en 1866 (ce fut le plus jeune professeur de France) puis à la Sorbonne en 1869, il devient membre de l'Académie des sciences en 1882. Il a rédigé de nombreux manuels scolaires aux thèses ethnocentrées, qui pourraient sembler racistes de nos jours, comme de nombreux écrits du xixe siècle. Cet ethnocentrisme fut toutefois corrigé lors de son expérience de terrain lorsqu'il fut en poste au Tonkin. Il contribua à établir le paradigme racial républicain qui colora la colonisation française de ses conceptions sur l'inégalité des races, mais, à l'instar de l'antisémitisme, il serait anachronique de juger des écrits de la fin du xixe siècle à l'aune des valeurs du xxie siècle. Il meurt du choléra à Hanoï, sept mois après sa nomination comme rési