Grand et très fort in-octavo relié pleine toile bleu Lila, état parfait si l'on excepte un dos légèrement insolé, 623 pages. Richement illustré in et hors-texte. Nous ne pouvons mentionner tous les articles , mais signalons seulement : BERNHEIM : Révision du chapitre des névroses des psychonévroses - ERNEST DUPRE & JEAN TARRIUS : Puérilisme mental chez une manique : délire d'imagination - CHARPENTIER & JABOUILLE : Nanisme myxoedémateux absence de corps thyroïde et d'hypophyse - SERGE DAVIDENKOF : Syndrome catatonique amélioré par une strumectomie - J. LEVY-VALENSI : Une forme littéraire du délire d'interprétation Berbiguier de la Terre-Neuve du Thym : Les farfadets - PAUL SERIEUX & LUCIEN LIBERT : La Bastille et ses prisonniers contribution à l'histoire des asiles de sureté - GILBERT BALLET : La psychose hallucinatoire chronique - J. DEJERINE & ANDRE-THOMAS : Deux cas d'aphasie de Broca : autopsie - A. RODIET & RENE MASSELON : Etiologie de la mélancolie et place de cette affection dans le cadre nosographique - - - - - - - - - - - En 1906, dans l'éditorial du premier numéro de L'Encéphale, publié sous la direction d'Antheaume et Klippel, la rédaction s'explique sur « la lourde entreprise de publier un nouveau journal » [1]. « La psychiatrie qui a pris en France, au siècle dernier, un si remarquable essor, s'est développée dans des conditions très particulières. [. . .] La pathologie mentale, par suite de circonstances sur lesquelles il est inutile d'insister, s'est constituée dans une sorte d'isolement, que semblait légitimer le dualisme traditionnel du corps et de l'esprit. » [ L'identification, en 1905, du Treponema pallidum par Fritz Schaudinn et Erich Hoffmann a constitué une avancée considérable dans la compréhension de l'étiopathogénie de la syphilis (les patients souffrant de la paralysie générale étaient soignés dans les asiles d'aliénés). Pour la rédaction de L'Encéphale, cette découverte est une conquête de la neuropathologie qui appelle à « une fusion désirable » entre « les pathologies de l'esprit et celles du corps ». Et de poursuivre : «Aujourd'hui, l'enceinte étroite où s'était laissée momentanément isoler la pathologie mentale est rompue ». En 1906, L'Encéphale publie dans son premier volume des articles originaux : de Sérieux et Capgras (Les symptômes des délires d'interprétation), de Régis (Poésie et paralysie générale et La poésie dans les maladies mentales), de Mlle le Docteur Constance Pascal , souvent considérée comme la première femme psychiatre de France (Les ictus dans la démence précoce et Sur le délire des préjudices préséniles) et des commentaires d'ouvrages et de communications des congrès franc¸ ais et étrangers, des réunions de sociétés savantes qui traduisent la pensée des grands maîtres du temps : Alzheimer, Pick, Abraham, Janet, Dide, Ribot, mais aussi Emil Kraepelin. Keraval relate une opinion développée par le père de la folie maniaco-dépressive : les asiles d'aliénés seraient les lieux privilégiés pour l'observation naturaliste de l'évolution des pathologies mentales, alors que les cliniques (universitaires à l'allemande) seraient plus appropriées pour l'exploration des « causes physiques, somatiques et des manifestations concomitantes de la folie ». La publication de L'Encéphale se poursuit jusqu'en 1940. Interrompue par la seconde guerre mondiale, la publication de L'Encéphale reprend en 1946-1947 sous l'impulsion de Jean Lhermitte et de Jean Delay. Lhermitte signe l'éditorial du premier numéro d'après-guerre, dans lequel il rend un vibrant hommage à son maître Henri Claude, décédé le 29 novembre 1945, à l'âge de 76 ans, non sans avoir rappelé brièvement l'histoire de la revue " La revue L'Encéphale comptait, à partir du 20 décembre 1906, trois directeurs : Antheaume, F. Raymond et Henri Claude. Directeurs de la publication de 1946 à 1973, J. Lhermitte et J. Delay so