Raoul PONCHON La Muse au Cabaret Paris, Eugène Fasquelle, Éditeur, Librairie Charpentier et Fasquelle, 1920 232mm x 151mm 312 pp Édition originale du premier ouvrage de lauteur, le seul paru de son vivant. Tirage total limité à 1000 exemplaires numérotés, un des 30 sur Hollande, premier papier, ici le n°24. Belle reliure demi-maroquin à coins cerise signée Ad. Lavaux, dos à 5 nerfs, auteur, titre et date frappés or, tête dorée, couvertures et dos conservés, étui assorti. Reliure, couvertures et pages intérieures en superbe état. Exceptionnel exemplaire enrichi : De cinq lettres autographes signées de l'auteur adressées à son ami Aspol, intéressantes, drôles, savoureuses, émouvantes, où il est question de sa villégiature dans la maison de vacances de Jean Richepin, son ami poète avec qui il formera, accompagnés de Maurice Bouchor, le groupe les vivants, de pêche, de jardinage, de gastronomie, de vin et dArmagnac bus avec une modération discutable, de sa détestation de la Méditerranée comparée aux côtes bretonnes, de poésie Dont une ornée d'un petit dessin de sa main, représentant lauteur sur son lieu de vacances, dégustant un roquefort que lui a offert Aspol, le destinataire de la lettre. Il décrit ce dessin comme suit : Le roquefort en question est arrivé ici en merveilleuse santé. Il faudra quun de ces jours je le chante sur la lyre [.] Le petit croquis ci-dessus me représente mangeant du Roquefort en bord de la mer De la livraison des Hommes d'aujourd'hui que Paul Verlaine a consacrée à Raoul Ponchon (n°400, 1892), offerte par lauteur à Aspol, il écrit dailleurs dans lune des lettres : Je vous envoie ma biographie par Verlaine. Vous savez nen croyez pas un mot. Ce sont là jeu de poètes. Et enfin, de quelques miettes de son tabac sous mica Quelques extraits des lettres : Que vous dirais-je, ami, de nouveau ? Le nouveau ne pousse pas dans mon jardin, mais seulement du persil. Ne me suis-je pas mis à bêcher la terre ? Parfaitement; tout le persil mangé dans la maison est cultivé par moi. Tous les maquereaux sont pêchés par Richepin et ses enfants, tout le fromage est votre uvre. Le temps se passe ainsi à pêcher à manger à cultiver la terre. Nous avons aussi des livres, des bêtes, du papier à salir, de quoi fumer, de quoi boire, Fichtre ! De la mer, de la bonne air, de lappétit et du sommeil, et du soleil. Ah ! Que lon est loin ici de la cuisine des Ambassadeurs ! Veut-on une omelette - par hasard - à lognon (sic) ? Et bien nous prenons dabord les oeufs de nos poules. Puis les ognons de notre jardin [.] Nous est-il indispensable de manger quelques petits homards ? Soles, rougets, bars, barbus, maquereaux, nous navons quà les appeler, ils viennent à linstant même [.] Veut-on chasser, pêcher, peindre, rêver, ? On rêve peint pêche Raoul Ponchon ne dédaignait pas lassiette, mais a toujours proclamé la supériorité de la bouteille sur les casseroles. Ses amitiés, liées au fil des années, partageaient son goût de la dive bouteille, comme par exemple le poète Paul Verlaine. Laphorisme suivant est connu de tous mais peu savent que Ponchon en est lauteur : Quand mon verre est vide, je le plains ; quand mon verre est plein, je le vide Il faudrait avoir une misérable âme de végétarien pour rester indifférent aux charmes de ce confrère saucisson, et nêtre que le dernier des buveurs deau pour ne larroser point avec ce Laverdasse et ce Pontet-Canet merci de mavoir indiqué la maison Marqueyssat de Mérac, qui ma adressé un deuxième échantillon dArmagnac. Cela fait tout à fait mon affaire. Ils sont bons tous les deux. Jai choisi le moins cher, à cause de mes pauvres ressources, et je nen ai commandé que 12 litres Votre vin de Mérac le plus piqué mapparaît comme le nectar des dieux. Où sont nos vieux jéroboams ? En revanche jai un cognac de 1860 qui est u