Paris, chez l'auteur, imprimerie d'Antoine Cellier, 1665. Deux parties à pagination continue en un volume in-8, frontispice, (16)-140 pages et 70 planches sur 36 feuillets (dont un titre intermédiaire gravé au début de la seconde partie, les planches 6 et 7 répétées et la planche 67 sur page double) ; Veau brun moucheté de l'époque, dos à nerfs orné (reliure usée mais toujours solide, charnières fendues, coiffes absentes, coins fortement émoussés). Première édition du dernier des trois grands traités de perspective d'Abraham Bosse, après ceux de 1647 et 1653. Exemplaire bien complet des feuillets de dédicace, illustrés d'une grande figure gravée, et des deux éléments mobiles de la planche 50. "Ce dernier grand traité, que Bosse aurait souhaité être le texte de référence officiel de l'Académie, est rédigé après sa démission de son poste de professeur de perspective. L'essentiel des quarante-sept pages d'introduction est consacré aux principales erreurs que les peintres peuvent commettre en ignorant les règles de la perspective. Il aborde aussi la manière de faire des bas-reliefs. Mais l'essentiel des soixante-sept planches du traité, accompagnées de leur page de commentaires, est consacré aux connaissances nécessaires pour bien pratiquer la perspective, et dans cette partie on est certainement assez proche des discours de Bosse aux élèves de l'Académie. Il ajoute aux Éléments d'Euclide qu'il considère nécessaires des considérations géométriques très avancées, notamment sur le tracé des ellipses [pl. 13], et des observations sur diverses représentations des corps solides [pl. 29] tout à fait neuves. Bien entendu, la construction des échelles arguésiennes est clairement expliquée [pl. 53] et l'universalité de la méthode solidement défendue dans le cas pathologique, donné par un Vertueux, d'un tableau triangulaire où le point de vue est en un des sommets du triangle [pl. 66]. On y retrouve enfin diverses considérations sur l'architecture, sujet qui tient une place considérable dans l'Å"uvre scientifique de Bosse. Ce qui éclaire bien la démarche rationnelle de Bosse, son souci de guider l'art du dessin par une science générale touchant l'ordre et la mesure et sa remarquable faculté à imaginer des dispositifs adaptés à ces projets, se trouve dans la planche où il donne la manière de trouver l'assiette et l'élévation géométrales d'un corps humain réduit à ses essieux [pl. 63]. Il faut évidemment voir ce dispositif plus comme un jeu de l'esprit que comme une réalisation pratique." (voir "Questions de perspective" par Sophie Join-Lambert et Jean-Pierre Manceau sur le site de la BnF). Intérieur propre.