VALÉRY, Paul (1871-1945) Carte-lettre autographe signée « Comte Alexandre-Marie de Maleperche » à Noémi Révelin Cannes [1929 ?], 1 p. in-12° Adresse autographe, timbres et cachets postaux Intrigante lettre à celle qui tint un salon couru du tout-Paris pendant lentre-deux-guerres, et signée de lun de ses nombreux pseudonymes « Madame, Sans avoir le grand bonheur de vous connaître, je ne suis pas sans avoir ouï parler de vos vertus. Une personne distinguée et digne de foi ma appris tout dernièrement que vous avez même eu lattention de fleurir de muguet la colonne érigée à la Muse, à loccasion du Premier de mai. Quoique je sois éloigné de mériter ce doux témoignage, je suis poète bien modeste à la vérité et tout provincial ! Mais enfin chacun a sa colonne voisine et laimerait voir fleurir par de si tendres mains. Dans lespoir de toucher (quelque peu du moins) votre bon cur, jai lhonneur de me dire, Madame, votre véritablement respectueux et dévot : Comte Alexandre-Marie de Maleperche etc. Docteur en droit » Sil est incontestable quune grande amitié et des complicités mondaines lièrent Paul Valéry et Noémi Révelin, leurs rapports demeurèrent toutefois très ambigus si lon en croît les billet que le poète a pu lui adresser, et à limage de cette lettre, pouvant être lue sous forme de métaphores pour le moins équivoques. Peut-on supposer autre chose et quelle place put occuper dans leur relation la fantasque Henriette, très charmante fille de Noémi, et accessoirement épouse de Louis Barthes, capitaine au long cours ? Valéry avait coutume de sinventer des pseudonymes avec ses familiers et intimes : ainsi les variantes de sa correspondance avec Julien-Pierre Monod, son « Ministre de la Plume », le « cher Anthrope à visage humain » etc. Il se dit ici « Docteur en droit », alors que cest habituellement « Licencié en droit ».