Lyon : Durand et Perrin, 1823. In-8, lxx-(2)-326-(2) pages. Demi-veau blond légèrement postérieur, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge. Quelques petites rousseurs éparses, marque rousse laissée par un ancien marque-page entre les pages 104 et 105. Nonobstant, bel exemplaire. Première édition critique, établie d'après les trois parues du vivant de l'autrice par Nicolas François Cochard et Claude Breghot du Lut. "Le XIXe siècle a été une période de résurrection de l'Å"uvre de Louise Labé : depuis les éditions de Jean de Tournes en 1555 et 1556, le silence s'est abattu sur l'Å"uvre, s'il ne s'est pas abattu sur l'auteur. Seule une édition lyonnaise de 1762 montre un frémissement fin XVIIIe et un regain d'intérêt. De 1815 à 1887, huit éditions différentes1 voient le jour en France. Sur ces huit éditions, trois sont riches, pourvues de notices sur Louise Labé, de notes et de glossaire, et apportent des faits nouveaux : il s'agit de l'édition de Cochard et Breghot du Lut en 1824, qui reste une référence pendant tout le siècle, puis de l'édition de Prosper Blanchemain en 1875, à laquelle répond l'édition de Charles Boy en 1887. [.] Le dispositif de l'édition Cochard et Breghot du Lut est éclairant : le volume s'ouvre avec un « Dialogue entre Sappho et Louise Labé » [par Jean-Baptiste Dumas (1777-1861), fonctionnaire et érudit lyonnais] qui a deux finalités : entériner l'existence d'une création féminine (voir la liste rajoutée en note par Breghot du Lut de femmes créatrices du XIXe siècle) et balayer le soupçon d'homosexualité qui pèse sur Sappho pour préparer le terrain à la réhabilitation morale de Louise. [.] À ce dialogue, succède une longue notice biographique de Cochard très largement annotée par Breghot Du Lut. [.] La notice se résume donc à deux postulats : Louise n'est pas immorale et son Å"uvre, entièrement sienne, est par conséquent acceptable." (Michèle Clément, "La réception de Louise Labé dans les éditions du xixe siècle", Masculin / Féminin dans la poésie et les poétiques du XIXe siècle, Lyon : Presses universitaires de Lyon, 2002.) On trouve in fine la liste des souscripteurs lyonnais. Vicaire IV, 728 ; Brunet III, 709.