In-8° broché, exemplaire dérelié, 16 pages. Une planche et de nombreuses figures. Rousseurs sur le premier feuillet. Alexandre Louis Joseph, marquis de Laborde, comte de l'Empire, est un archéologue et homme politique français, né à Paris le 17 septembre 1773 et mort dans la même ville le 20 octobre 1842. Quatrième fils du célèbre financier Jean-Joseph de Laborde (1724-1794), qui périt sur l'échafaud, et de Rosalie de Nettine (1737-1820), Alexandre de Laborde fit des études chez les Oratoriens au collège de Juilly. Au moment de la Révolution française, il fut envoyé par son père à Vienne, auprès de l'empereur Joseph II, qui, sollicité pour lui trouver un état, et bien que très malade à cette époque, donna des instructions précises pour qu'il fût admis dans l'armée autrichienne. Après avoir voyagé en Allemagne, en Hollande et en Italie, il obtint d'être radié de la liste des émigrés grâce à des certificats de complaisance après la paix de Campo-Formio, en 1797, et put revenir en France, où il entra au ministère des Relations extérieures auprès de Talleyrand, qui le prit sous sa protection. À la même époque, il partageait avec Berthier les faveurs de la marquise Visconti di Borgoratto. C'était alors un homme « aimable, amusant et original1 », doué d'un charme dont témoigne Félicité de Genlis. Pris d'un goût très vif pour les arts, Laborde voyagea en Angleterre, en Hollande, en Italie et en Espagne. Protégé de Lucien Bonaparte, il fut attaché en 1800 à son ambassade à Madrid. Celle-ci se termina avec la conclusion du traité d'Aranjuez en mars 1801. Lucien et Laborde rentrèrent alors en France. Ce fut par l'intermédiaire de Laborde, dont elle était la maîtresse du moment, que la très belle Alexandrine Jacob de Bleschamp, veuve d'un agent de change, rencontra au château de Méréville, Lucien, qui en tomba éperdument amoureux et qui l'épousa en juin 1803. Compromis pendant quelque temps par sa participation indirecte à ce mariage, Laborde se consacra à l'édition de grands livres sur l'Espagne. Ayant eu, lors de sa mission diplomatique, la révélation de la beauté et de l'intérêt de ce pays, auquel le rattachaient en outre les origines de sa famille paternelle, il embaucha une équipe d'artistes à la tête de laquelle il séjourna longuement dans la péninsule ibérique. Aidé par une équipe d'auteurs parmi lesquels son ami Chateaubriand, il publia l'Itinéraire descriptif de l'Espagne (1809, 5 vol. et 1 atlas) et le Voyage pittoresque et historique en Espagne (1807-1818, 4 vol. in-folio). Il consacra une grande partie de sa fortune à la seconde de ces publications, réalisée avec beaucoup de soin, d'érudition et d'exactitude, qui contient plus de 900 gravures et un précis d'histoire politique et civile. La guerre de 1808, en entravant la vente de ce livre, compromit la fortune de l'auteur qui, pressé par la nécessité de subvenir aux besoins de sa famille, qu'il entretenait sur un grand pied, se décida à entrer dans l'administration. Il fut nommé, en 1808, auditeur au Conseil d'État et chevalier de la Légion d'honneur en 1809. La fonction était alors peu prestigieuse, l'auditorat correspondant à une sorte d'école d'administration ou l'Empire formait ses hauts fonctionnaires. Laborde prit sa situation avec humour. On raconte que Napoléon Ier, le croisant un jour aux Tuileries, lui aurait lancé : « Voilà l'aîné de mes auditeurs ! », ce à quoi Laborde aurait répondu : « Oui, Sire, et le cadet de vos soucis ! »